L'un de mes oncles a progressivement sombré dans un syndrome maniaco-dépressif. Plusieurs fois, j'ai dû participer à une véritable chasse à l'homme pour le conduire dans un lieu où l'on pourrait le soigner. C'était sordide.
Je revois plusieurs scènes : lui, recroquevillé dans un coin de la cuisine, comme une souris qu'on accule. Ou dans la rue, refusant de monter dans la voiture ... lorsque j'étais un peu brusque (au bout d'un heure ou deux de négociations infructueuses), les gens s'arrêtaient et m'apostrophaient en me prenant pour un agresseur. Cela me mettait de mauvaise humeur, et j'étais parfois ulcéré.
En fait, je n'ai su que bien plus tard (il est mort maintenant), qu'il s'agissait de quelque chose de plus qu'une "maladie" : un vrai handicap, aussi irréfutable qu'une jambe manquante. Je me reproche aujourd'hui d'avoir eu l'impression qu'il exagérait, ou qu'il jouait la comédie ...
Pour comprendre la situation, il m'a manqué à ce moment de pouvoir échanger avec d'autres familles dans la même situation. Les médecins nous expliquaient les choses trop techniquement, sans que nous puissions comparer ce que nous vivions avec l'expérience d'autres personnes.
Si j'avais pu avoir ces échanges, je crois que j'aurais juste aidé, en prenant appui sur l'expérience des autres. J'aurais certainement été plus humain avec lui, et ces situations m'auraient moins meurtri.
Réagir





Thierry Silvestre, initiateur des Trophées Handi-Friends, continue le combat !....
Emmanuel
Chain
Marc
Cheb-Sun
Muriel
Derome
Philippe
de Lachapelle
Emmanuel
Perret
Nathalie
Rodary
Yacine
Soubabe
Sur le même sujet
CES ASSOCIATIONS PEUVENT VOUS AIDER
Associations spécialisées
handicap psychique
Réagir