J'ai été momentanément handicapée suite à une chute sur une plaque de verglas. Je me déplaçais alors en fauteuil.
Etre dans une situation de handicap m'a permis de voir le regard des autres en étant en fauteuil. La peur de se retrouver dans la même situation fait que beaucoup évitent de croiser votre regard ou de vous croiser tout court.
D'autres s'apitoient. Très peu vous aident mais quand c'est le cas, c’est avec beaucoup d'humanité. C'est ceux là qui vous réconfortent.
D'une façon générale, on a l’impression de gêner.
Au niveau du contexte urbain, traverser une rue en fauteuil est un gag, accéder à des magasins hors grande surface est une mission impossible. Tout comme faire ses courses normalement, sans parler des rayons pour géants où avec des bras trop courts, le yoghourt dans le rayon frais est impossible à attraper. Ou encore des marches du métro, voire des nombreux bus dont le système spécial ne fonctionne pas. Dehors, les places handicap sans carte sont inaccessibles et les autre pas assez larges pour la voiture et le fauteuil.
Enfin au niveau professionnel, 4 ans sans bonus ni augmentation, deux mois sans salaire avant de toucher 85 % du brut : on se sent complètement dévalorisée.
Heureusement j'avais la chance d'être aidée par mon entourage sans lequel je ne sais pas comment j'aurai pu vivre au quotidien.
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