Dans ma dernière affectation, j'ai rencontré un jeune collègue, la trentaine, charmant, dans le service même où j'exerce mon activité. Nos bureaux sont accolés en étoile. J'ai rapidement vu que ce jeune garçon marchait avec difficulté. Ma première réaction a été de faire comme si je n'avais rien remarqué....
Et surtout je ne voulais pas le choquer en lui demandant ce qu'il avait... Petit à petit nous avons sympathisé et avons abordé de nombreux sujets sur nos parcours professionnels, mutations, postes occupés, région et villes connues. Nous nous sommes aperçus que nous avions travaillé sur Toulon. Et sans que je le lui demande vraiment, il m'a précisé que c'est dans cette région qu'il avait eu son accident de moto - et qu'il avait perdu sa jambe droite.
Il m'en a parlé simplement ce jour là et quelques jours plus tard m'a raconté vraiment comment ça s'était passé et ce qu'il avait ressenti au moment du choc.... Ca paraissait ne pas le déranger d'en parler, au contraire.
Au début j'ai été prise de curiosité, puis de compassion, tout en essayant de de pas montrer mes sentiments.
Actuellement, nos relations sont très simples et naturelles - je ne m'apitoie pas sur son sort, je pense qu'il n'apprécierait pas. Mais quand nous allons déjeuner ou prendre un café, s'il ne peut pas forcer, il propose un lieu et j'accepte sans chercher autre chose...
Je pense que nous pouvons tous avoir, un jour ou l'autre, un accident qui pourrait nous laisser handicapé, aussi je fais en sorte de me comporter avec mon jeune collègue de façon normale et naturelle, sans être trop "gentille", mais tout en étant attentive à ne pas le mettre en difficulté par rapport à son handicap.
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Thierry Silvestre, initiateur des Trophées Handi-Friends, continue le combat !....
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Je me sens parfois un peu triste lorsque j'offre ma place dans les transport en commu à des personnes âgés ou handicapés et systématiquement elles refusent en me disant qu'elles vont descendre au prochain arrêt, mais dans la plupart des cas c'est pas vrai. C'est dommage, mais chacun a ses raisons d'agir comme il veut au même titre que j'ai mes raisons de me montrer gentil et courtois.
Ari Neves
La route mutile malheureusement beaucoup de monde. Dans ma société, plusieurs jeunes en sont victimes (accident de moto, amputation au dessous ou au dessus du genou).
Je "vois" tout de suite à la démarche une prothèse sous un pantalon. Cela, je le remarque la première fois et après, je l'intègre comme "faisant partie" de la personne.
Etant élue du personnel, les gens peuvent venir (ou pas) me parler, me demander de l'aide. Mon seul message est "je suis là pour tout le monde"
Il faut être naturel .... je pense !
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