En ce qui concerne la personne handicapée, elle a, au préalable, demandé de faire abstraction de son handicap. Nos échanges verbaux étaient teintés d'un sentiment de pudeur... en quelque sorte, une manière de ne pas reconnaître une évidence. Le sujet du handicap était en fait évité, ou pour le moins contourné.
En ce qui me concerne, les réactions se sont succédées et ont été très diverses, voire contradictoires. J'ai à la fois ressenti une forme de "pitié" (le mot n'est pas vraiment adapté, voire déplacé, mais c'est celui qui définit le mieux cette émotion) et une sorte de sympathie, voire d'empathie, suivi d'un sentiment de culpabilité.
Ayant moi-même traversé des périodes de handicap partiel, je me suis remémoré les situations vécues et les difficultés rencontrées, puis j'ai essayé d'imaginer le quotidien de la personne que j'avais en face de moi. Ensuite, mon esprit s'est mis à vagabonder : j'ai pensé à ma famille, aux conséquences sur nos vies, si l'un de mes proches ou moi-même étions confrontés à une telle situation.
Par ailleurs, de manière générale, lorsque je croise une personne handicapée, j'ai immédiatement l'envie de l'aider, même si cette personne n'en a manifestement pas le besoin ni l'envie. Il m'est même arrivé de me faire éconduire dans une telle situation.
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