En clientèle, j'étais chargée de piloter un plan de tests sur SAP. Je drivais une personne qui était chargée de réaliser ces tests.
Elle était sympa et volontaire, douce et toujours souriante. Au fur et a mesure des journées, je me suis rendue compte qu'elle avait un problème de concentration. Elle me redemandait souvent des explications sur les mêmes processus à tester.
Je lui répétais, modélisais les processus, la conseillais sur des méthodes de mémorisation. Rien n'y faisait et je commençais à m'énerver (je ne suis pas très patiente et je peux être arrogante).
Un midi, j'ai décidé d'aller déjeuner avec elle afin de mieux la comprendre et la cerner, et en parler ouvertement avec elle. C'est là qu'elle m'a avoué qu'elle était épileptique et que ça lui posait des problèmes de concentration.
Elle était en fait handicapée à x%, mais n'avait rien dit à l'embauche par peur de ne pas être engagée. D'autant plus que ce handicap ne se voyait pas à l'œil nu et qu'elle n'était pas prête à l'avouer à autrui.
Par la suite, j'ai réadapté ma méthode d'apprentissage et l'invitais à faire des schémas (visuels) pour mieux retenir les explications. Cela m'a permis de faire un travail personnel sur la patience.
Cependant, ma cliente était très exigeante, vive, réactive et impatiente. Aussi, quand cette personne était en direct avec elle, ça se passait mal et ma collaboratrice en souffrait. Elle pouvait faire à n'importe quel moment une crise d'épilepsie car elle était touchée émotionnellement.
J'ai invité ma collaboratrice à avouer son handicap à ma cliente. Ce qu'elle a fait plusieurs semaines plus tard. La cliente s'est mise en colère pour cette révélation tardive. Elle s'en est séparée.
La morale de cette histoire, c'est qu'il est nécessaire d'assumer son handicap.
Réagir





Thierry Silvestre, initiateur des Trophées Handi-Friends, continue le combat !....
Emmanuel
Chain
Marc
Cheb-Sun
Muriel
Derome
Philippe
de Lachapelle
Emmanuel
Perret
Nathalie
Rodary
Yacine
Soubabe
Sur le même sujet
CES ENTREPRISES AGISSENT POUR L'INSERTION
Assumer son handicap c'est facile à dire, quand on est valide, mais plus difficile quand on est concernée, il m'aura fallu 45 ans pour assumer
Eh oui, Joce !
Et "la morale de cette histoire" c'est aussi qu'il serait bien que les valides soient conscients des efforts que nous faisons journellement et apprennent à s'adapter eux aussi.
La personne épileptique aurait dû être prudente et choisir un emploi moins stessant, si ça lui était possible, mais ça n'excuse pas le "très exigeante, vive, réactive et impatiente" de la cliente. Ca ressemble bien à une personne tyrannique.
Cela me rappelle cette expérience sur la différence de perception entre la personne handicapée et les personnes valides qui l'entourent. Et notamment, le problème d'incompréhension.
Mais finalement, s'agit-il de faire comprendre, ou de faire ressentir ?
Réagir